Économie ouest-africaine

Cette page suit la conjoncture de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la politique monétaire de la BCEAO et les évolutions des grandes économies voisines, notamment le Ghana et le Nigeria.

Mise à jour : 24 septembre 2026 · Archives économiques →

Croissance UEMOA (T2 2026)
6,0 %
contre 6,1 % au T1 — BCEAO
Inflation UEMOA (T2 2026)
0,4 %
contre −0,2 % au T1
Taux directeur BCEAO
3,00 %
maintenu le 9 sept. 2026
Prévision FMI 2026
5,5 %
croissance annuelle régionale

Repère du 24 septembre : pétrole cher et taux BCEAO inchangés

Le principal taux directeur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) reste fixé à 3,00 % et le taux du guichet de prêt marginal à 5,00 %, après la décision du 9 septembre. Dans le même temps, le Brent évolue au-dessus de 102 dollars le baril. Pour les économies ouest-africaines importatrices nettes de produits pétroliers, cette remontée de l'énergie peut accroître la facture extérieure, les coûts de transport et les besoins de compensation budgétaire.

Le contraste est important : la croissance régionale demeure robuste et l'inflation récente faible, mais un choc pétrolier prolongé peut rapidement se transmettre aux prix du transport, de l'électricité et des produits alimentaires. Le suivi portera sur la capacité de la croissance à absorber un renchérissement durable de l’énergie tout en préservant le pouvoir d’achat.

La croissance reste solide, mais ses effets sur le niveau de vie sont plus lents

Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) réel de l'UEMOA progresse de 6,0 % sur un an, après 6,1 % au premier trimestre. Le 9 septembre, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a maintenu son principal taux directeur à 3,00 % et son taux de prêt marginal à 5,00 %. Elle estime que l'activité demeure robuste et que les tensions inflationnistes restent maîtrisables. Le crédit à l'économie a augmenté de 6,6 % à fin juin 2026 ; sa progression atteindrait 6,9 % sur l'ensemble de l'année.

Cette vigueur ne résume toutefois pas toute la situation économique. Le déficit budgétaire régional atteint 3,4 % du PIB au premier semestre 2026, contre 3,2 % un an plus tôt. La BCEAO prévoit également une dégradation de 2,3 % des termes de l'échange sur l'année : la hausse du pétrole renchérit les importations, tandis que le recul de certaines matières premières agricoles, notamment le cacao, réduit les revenus tirés des exportations.

Une UEMOA à plusieurs vitesses

Les projections du Fonds monétaire international (FMI) pour 2026 reposent sur une méthode commune et offrent ainsi une base de comparaison plus cohérente que des statistiques nationales établies selon des périodes différentes.

ÉconomieCroissance 2026 (FMI)Position par rapport à l'UEMOAAnalyse
Bénin7,0 %Au-dessusUne expansion supérieure de 1,5 point à la moyenne régionale
Niger6,9 %Au-dessusUne activité soutenue par les hydrocarbures et l'investissement public
Côte d'Ivoire6,2 %Au-dessusUne croissance robuste reposant sur une économie plus diversifiée
Mali5,5 %Dans la moyenneUn rythme identique à la projection régionale
Guinée-Bissau5,0 %En dessousUne économie peu diversifiée et très exposée aux chocs extérieurs
Togo5,0 %En dessousUne activité résiliente, mais moins dynamique que les principales économies de l'Union
Burkina Faso4,9 %En dessousUne progression positive malgré un environnement fortement contraint
Sénégal2,2 %En dessousUn ralentissement après l'accélération initiale liée aux hydrocarbures
UEMOA5,5 %RéférenceLa projection annuelle retenue pour l'ensemble de l'Union

L'UEMOA comparée au Ghana et au Nigeria

Depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, devenu effectif le 29 janvier 2025, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) compte 12 États membres. L'UEMOA conserve, pour sa part, ses huit membres. Le Ghana et le Nigeria constituent ici les deux principaux repères extérieurs à l'Union en raison de leur poids économique et de la disponibilité de données comparables sur la croissance et l'inflation.

ÉconomieCroissance 2026Inflation 2026Analyse
Côte d'Ivoire6,2 %1,8 %Le meilleur équilibre entre croissance et stabilité des prix parmi les économies comparées
Ghana4,8 %5,8 %Une reprise confirmée, mais encore accompagnée d'une inflation supérieure à celle de l'UEMOA
Nigeria4,1 %16,0 %Une inflation élevée qui réduit les gains de pouvoir d'achat associés à la croissance
UEMOA (moyenne)5,5 %1,0 %La référence régionale pour la croissance annuelle et la stabilité des prix
Des régimes monétaires différents. L'arrimage du franc CFA à l'euro contribue à contenir l'inflation importée dans l'UEMOA. Le Ghana et le Nigeria disposent de monnaies flottantes, plus directement exposées aux dépréciations et au renchérissement des produits importés. L'avantage de l'UEMOA en matière d'inflation tient donc en partie à son régime monétaire ; il ne peut pas être attribué uniquement à la gestion conjoncturelle.

L'évolution récente de la croissance dans l'UEMOA

Cette série rassemble les données publiées par la BCEAO. Sélectionnez une période pour afficher les années correspondantes.

Croissance du PIB réel — UEMOA

AnnéeCroissance PIB UEMOASource
20215,8 %BCEAO
2022n. d.—
20235,7 %BCEAO (rapport déc. 2023)
20246,2 %BCEAO (rapport annuel)
20256,7 %BCEAO (rapport annuel, juil. 2026)

Croissance et bien-être : ce que le PIB ne montre pas

Le décalage entre croissance totale et croissance par habitant

En Côte d'Ivoire, la croissance totale devrait atteindre 6,2 % en 2026, mais celle du PIB par habitant serait limitée à 3,2 %. Une partie de l'expansion économique est en effet absorbée par la croissance démographique. L'évolution du PIB par habitant se rapproche davantage de ce que les ménages peuvent ressentir dans leur niveau de vie.

Des indicateurs sociaux qui évoluent plus lentement

La Banque mondiale estime l'espérance de vie à 62 ans en Côte d'Ivoire en 2024 et le taux de pauvreté à 20,8 % sous le seuil de 3 dollars par jour. Publiés moins fréquemment que le PIB, ces indicateurs rappellent que la croissance met du temps à transformer les conditions de vie.

L'Organisation internationale du Travail (OIT) constate par ailleurs que l'emploi des jeunes dans l'UEMOA reste majoritairement informel et souvent concentré dans une agriculture à faible productivité. Le Plan national de développement ivoirien 2026-2030, qui vise 206 milliards de dollars d'investissements et une croissance annuelle de 7,2 %, devra donc être évalué aussi à l'aune des emplois productifs créés, de l'amélioration des services publics et de la réduction de la pauvreté.

Sources : BCEAO (Rapport sur la politique monétaire et communiqué du 9 septembre 2026), Trading Economics (Brent, 23–24 septembre 2026), Fonds monétaire international, Banque mondiale, Organisation internationale du Travail et CEDEAO.