Économie ouest-africaine

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Cette page suit la conjoncture de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la politique monétaire de la BCEAO et les évolutions des grandes économies voisines, notamment le Ghana et le Nigeria.

À suivre les 24–25 septembre — gouvernance de l'eau en Afrique de l'Ouest

À Abidjan, la CEDEAO, l'UEMOA et le CILSS poursuivent leurs travaux sur la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Les échanges portent sur la coordination régionale, la résilience climatique et la place de l'eau dans les politiques de développement. Pour l'économie régionale, le sujet touche directement l'agriculture, l'hydroélectricité, la sécurité alimentaire, les villes et les investissements d'adaptation.

Sources : AIP — 24 septembre 2026 · Koaci — agenda des 24–25 septembre.

25 septembre — le pétrole reste au-dessus de 105 dollars

Le Brent évolue autour de 105–106 dollars le baril. Pour l’UEMOA, le principal risque est la persistance du niveau élevé plutôt que la variation d’une seule séance : transport, fret, engrais, électricité et budgets publics restent exposés. Le choc est partiellement compensé dans certains pays producteurs, mais la plupart des économies de la région demeurent importatrices nettes de produits pétroliers.

Source : Trading Economics — Brent, 25 septembre 2026.

Croissance UEMOA — T2 2026
6,0 %
6,1 % au T1 — BCEAO
Inflation UEMOA — T2 2026
0,4 %
inflation sous-jacente : 0,8 %
Taux directeur BCEAO
3,00 %
maintenu le 9 septembre 2026
Prévision BCEAO 2026
6,1 %
6,2 % attendu en 2027

Une croissance solide, mais pas linéaire

La trajectoire récente de l'UEMOA montre surtout une économie capable de conserver un rythme de croissance élevé malgré plusieurs chocs successifs. Après le rebond post-pandémie de 2021, l'activité a ralenti en 2022 et 2023 sous l'effet de la hausse de l'énergie, des tensions alimentaires et du durcissement des conditions financières. Elle a ensuite réaccéléré à partir de 2024.

Les dernières données prolongent cette tendance. Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut réel augmente de 6,0 % sur un an, après 6,1 % au premier trimestre. La BCEAO prévoit désormais une croissance de 6,1 % pour l'ensemble de 2026, puis 6,2 % en 2027.

Croissance du PIB réel — UEMOA

AnnéeCroissance PIB réelLecture
20215,9 %Rebond post-pandémie
20225,5 %Ralentissement sous l'effet du choc énergétique et alimentaire
20235,3 %Activité encore solide malgré des conditions financières plus strictes
20246,2 %Réaccélération de l'activité
20256,5 %Dernière estimation annuelle BCEAO publiée en septembre 2026

Sources :BCEAO — Bulletin trimestriel des statistiques·BCEAO — Rapport sur la politique monétaire, septembre 2026.

La composition de cette croissance mérite néanmoins autant d'attention que son niveau. L'activité est portée par les industries extractives et manufacturières, le commerce, les services et de meilleures perspectives agricoles. Cette diversification réduit la dépendance à un seul moteur, mais rend aussi l'économie régionale sensible à la demande intérieure, au crédit, aux dépenses publiques et au coût des importations.

Une croissance proche de 6 % indique une augmentation rapide de la production totale ; les secteurs et les ménages en bénéficient à des rythmes différents.

Pétrole cher, inflation faible : un équilibre plus fragile qu'il n'y paraît

Le contraste est marqué en septembre. L'inflation de l'UEMOA reste très contenue, à 0,4 % au deuxième trimestre 2026, avec une inflation sous-jacente de 0,8 %. Dans le même temps, le Brent évolue autour de 102 dollars le baril.

Pour une région largement importatrice de produits pétroliers, la hausse du brut ne se limite pas au prix payé à la pompe. Elle se diffuse au transport, aux engrais, à la production d'électricité, au fret et aux produits alimentaires. Lorsque les gouvernements choisissent d'en amortir une partie pour les ménages ou les entreprises, une partie du choc se déplace vers les finances publiques.

Jusqu'ici, les comptes extérieurs résistent. Au deuxième trimestre 2026, le solde global de la balance des paiements atteint 2 483,6 milliards de FCFA, contre 1 787,5 milliards un an plus tôt, tandis que le déficit courant est ramené à 0,4 % du PIB.

Cette amélioration pourrait toutefois être partiellement remise en cause si le pétrole reste durablement élevé. La BCEAO anticipe une dégradation de 2,3 % des termes de l'échange en 2026, conséquence notamment de la hausse de la facture énergétique et du recul de certaines matières premières exportées, dont le cacao. Le déficit courant pourrait ainsi remonter à 1,6 % du PIB sur l'ensemble de l'année.

La même tension apparaît dans les finances publiques. Le déficit régional atteint 3,4 % du PIB au premier semestre 2026, contre 3,2 % un an auparavant. La BCEAO projette 3,5 % sur l'ensemble de l'année. Une partie de cette dégradation provient des mesures prises pour limiter l'effet du choc énergétique.

Parallèlement, le crédit au secteur privé progresse de 6,6 % au deuxième trimestre. Les conditions de financement se sont légèrement détendues : le taux interbancaire moyen est revenu autour de 4,0 %, tandis que le taux moyen appliqué aux nouveaux crédits s'établit à environ 6,67 %. La BCEAO conserve donc une marge délicate : soutenir le financement de l'économie sans relancer les tensions sur les prix ou les comptes extérieurs.

La situation reste ainsi relativement favorable, mais elle est plus exposée qu'il n'y paraît à un choc extérieur prolongé. Ce qu'il faut surveiller : la durée du pétrole au-dessus de 100 dollars, la transmission aux prix du transport et de l'alimentation, le coût des mesures de soutien public, ainsi que la capacité du crédit privé à rester dynamique sans détériorer les équilibres extérieurs.

Sources :BCEAO — Rapport sur la politique monétaire, septembre 2026·Trading Economics — Brent.

Derrière la moyenne régionale, des trajectoires très différentes

Le chiffre agrégé de l'UEMOA masque des différences importantes entre les économies. Certaines bénéficient d'un cycle d'investissement puissant, d'autres de nouvelles ressources minières ou pétrolières, tandis que plusieurs restent très dépendantes de l'agriculture, de quelques produits d'exportation ou de dépenses publiques contraintes.

Projections de croissance 2026 dans l'UEMOA

ÉconomieCroissance 2026Lecture économique
Bénin7,0 %Expansion soutenue par l'investissement, le commerce et les services
Niger6,9 %Hydrocarbures et investissement, avec une forte sensibilité au contexte sécuritaire et logistique
Côte d'Ivoire6,2 %Économie diversifiée, mais exposée au cacao, à l'énergie et au commerce extérieur
Mali5,5 %Or, agriculture et demande intérieure soutiennent l'activité malgré des contraintes persistantes
Guinée-Bissau5,0 %Forte dépendance à quelques filières d'exportation
Togo5,0 %Services, logistique et investissement public restent les principaux moteurs
Burkina Faso4,9 %Progression positive malgré un environnement sécuritaire et budgétaire contraint
Sénégal2,2 %Normalisation après l'accélération initiale liée à l'entrée en production des hydrocarbures

Côte d'Ivoire, Ghana et Nigeria : trois combinaisons croissance–inflation

ÉconomieCroissance 2026Inflation 2026Lecture
Côte d'Ivoire≈ 6,0–6,2 %≈ 3,3 %Croissance élevée, avec une exposition accrue aux prix de l'énergie et des produits alimentaires
Ghana4,8 %≈ 5,8 %Reprise consolidée et inflation fortement réduite, mais encore supérieure à celle de l'UEMOA
Nigeria4,1 %16,0 %Croissance positive, mais inflation encore suffisamment forte pour peser sur le pouvoir d'achat réel

Le régime monétaire explique une partie de ces écarts. L'arrimage du franc CFA à l'euro limite la volatilité du change dans l'UEMOA, tandis que le cedi ghanéen et le naira nigérian transmettent plus directement les mouvements de change aux prix des biens importés.

Les structures économiques expliquent aussi ces écarts. Les politiques budgétaires, la production agricole, les prix administrés, l'énergie, la structure des importations et la confiance dans les monnaies nationales jouent également un rôle important.

Enfin, le PIB ne mesure pas directement l'amélioration du niveau de vie. En Côte d'Ivoire, la Banque mondiale estime l'espérance de vie à 62 ans en 2024 et fait encore apparaître une proportion importante de la population sous les seuils internationaux de pauvreté.

Avec une population qui continue d'augmenter rapidement, la croissance du revenu par habitant dépend du rythme démographique. Une partie de l'expansion sert simplement à accompagner l'augmentation de la population.

La question centrale est donc moins de savoir si l'économie progresse que de comprendre ce que cette croissance produit réellement : davantage d'emplois formels, une productivité plus élevée, de meilleurs revenus agricoles, des infrastructures plus efficaces et une amélioration durable des services publics.

Sources :FMI — World Economic Outlook·FMI — Côte d'Ivoire·FMI — Ghana·FMI — Nigeria·Banque mondiale — Côte d'Ivoire.

Sources principales : BCEAO, Fonds monétaire international, Banque mondiale et données de marché consultées pour l'édition du 24 septembre 2026.