Économie ouest-africaine

Lundi 5 octobre 2026 — Mise à jour : 12 h 15 GMT.

Article de Félix BROU

BCEAO : 6 450 milliards proposés aux banques, le crédit aux entreprises reste inégal

L’offre de refinancement du 5 octobre éclaire la transmission monétaire ; les crédits accordés en 2025 montrent ses limites territoriales et productives.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) propose 6 450 milliards de FCFA sur son guichet à une semaine, au taux minimum de soumission de 3,00 %. L’avis publié le 2 octobre fixe la soumission au 5 octobre à 10 h 00 GMT. Il décrit une offre de liquidité, et ne permet pas de présenter ce montant comme un résultat d’adjudication ni comme de nouveaux prêts aux ménages.

Siège de la BCEAO à Dakar
BCEAO, Dakar — JiElle, 2008, Wikimedia ; photographie d’archive.

Le refinancement soulage la trésorerie bancaire, mais son passage au client dépend du risque de crédit, des garanties et de la concurrence. Une banque peut disposer de ressources tout en refusant un dossier dont les revenus sont mal documentés. Pour une petite entreprise, le coût total du prêt comprend le taux facturé par la banque, les commissions et les sûretés demandées.

Le rapport annuel sur les conditions de banque, publié le 25 septembre et portant sur 2025, situe le taux débiteur moyen à 6,69 %, contre 6,76 % en 2024. Les prêts nouvellement mis en place sont des flux annuels, distincts du stock de créances encore à rembourser. Leur géographie est très contrastée.

PaysNouveaux crédits 2025
Milliards FCFA
Variation 2025 / 2024
Bénin1 977,9▲ +2,50 %
Burkina Faso2 418,6▲ +0,20 %
Côte d’Ivoire8 400,3▲ +13,90 %
Guinée-Bissau571,8▲ +84,70 %
Mali1 636,0▼ −23,70 %
Niger525,9▼ −10,80 %
Sénégal5 974,7▲ +4,80 %
Togo1 352,5▲ +23,50 %
UEMOA — total22 857,9▲ +6,00 %

La Guinée-Bissau présente la plus forte progression relative sur une base beaucoup plus petite que la Côte d’Ivoire. Le classement des taux de croissance ne mesure donc ni la profondeur bancaire ni l’accès individuel au financement. Cette série couvre les pays de l’UEMOA dans un périmètre statistique commun.

La part des crédits de trésorerie atteint 47,2 % en 2025 ; les prêts à l’équipement reculent de 12,4 %. Financer les stocks et les salaires soutient l’activité immédiate, mais remplacer une machine ou développer une unité de transformation demande des ressources plus longues. Une hausse du crédit total peut ainsi coexister avec une moindre capacité d’investissement.

Cette distinction compte pour les ménages. L’effet de la croissance sur le niveau de vie se mesure dans les revenus, l’emploi stable et l’accès aux services essentiels. Un commerce financé pour renouveler ses stocks peut maintenir des emplois ; une entreprise privée d’équipement peut reporter des recrutements et des gains de productivité. La qualité du financement importe autant que son volume.

Au Mali, le recul du crédit invite à examiner les bilans bancaires. La BCEAO relie notamment la contraction aux provisions constituées par certains établissements sur des créances en souffrance. L’analyse d’une banque cotée exige ses propres données financières. Pour BOA Mali comme pour les grands emprunteurs non cotés, l’analyse utile reste celle des impayés, des garanties, du coût du risque et de la capacité à financer de nouveaux projets.

Sources : BCEAO, offre de liquidité du 5 octobre ; BCEAO, conditions de banque 2025, notamment tableaux et analyses p. 13–23. Interprétation économique : ECONOZONE.

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