Économie ouest-africaine

Mardi 13 octobre 2026 — Mise à jour : 12 h 06 GMT.

Article de Félix BROU

Archives économiques

Fiscalité des entreprises : le FMI replace les exonérations face au coût des services publics

Le chapitre fiscal des Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2026 éclaire les arbitrages entre investissement privé, recettes et infrastructures.

Le Fonds monétaire international publie aujourd’hui son édition d’octobre des Perspectives de l’économie mondiale. Son analyse de l’impôt sur les sociétés montre que la concurrence fiscale se déplace progressivement des taux affichés vers les avantages ciblés. Les dispositifs contre le transfert artificiel des bénéfices renforcent le lien entre profits déclarés et activité réelle.

Entrepreneurs ouest-africains réunis à Abuja
Abuja — CEDEAO, 30 septembre 2026 ; photographie d’archive illustrant l’entrepreneuriat régional.

Dans l’échantillon international étudié, une réduction d’un point du taux moyen des pays comparables est associée à une réduction de 0,4 point du taux national. Il s’agit d’une relation estimée sur un ensemble de pays, utile pour comprendre les interactions régionales. Le FMI souligne aussi que la baisse d’impôt produit des effets différents selon qu’elle est financée par la dette ou par une réduction des investissements publics.

Choix fiscalCanal économiqueApplication à l’Afrique de l’Ouest
Exonération cibléeRéduction du coût de l’investissement privéÉvaluer les emplois, les achats locaux et les investissements supplémentaires effectivement obtenus pour chaque avantage accordé.
Compensation par la detteRecettes différées et intérêts futursIntégrer le service de la dette au coût budgétaire de l’avantage, surtout lorsque le marché régional exige des rendements élevés.
Compensation par moins d’infrastructuresAffaiblissement des services productifsUne économie d’impôt peut perdre son utilité si les entreprises supportent davantage de coupures électriques, de transport ou de formation.

Pour les États de l’UEMOA, le Ghana et le Nigeria, l’application de ce diagnostic appelle une comparaison des avantages sur une base commune : durée, coût budgétaire, investissement réalisé et emplois pérennes. Une implantation nouvelle peut élargir l’activité, mais des incitations concurrentes peuvent aussi déplacer un même projet entre voisins sans accroître l’investissement régional total. Cette incidence constitue une analyse d’ECONOZONE à partir des mécanismes étudiés par le FMI.

Le niveau de vie dépend des salaires, de la qualité du travail et des services financés par l’impôt. Une production plus élevée apporte un bénéfice limité aux ménages si l’emploi reste précaire ou si l’accès à l’école, aux soins et à l’électricité se détériore. Le suivi des dépenses fiscales devrait ainsi rapprocher les résultats des entreprises bénéficiaires de leurs effets sur les revenus et les services essentiels.

Source : FMI, octobre 2026, chapitre 3, fiscalité des sociétés et effets transfrontaliers.