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Vendredi 18 septembre 2026 — Édition de clôture. La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) termine la semaine sur un rebond de ses trois indices, largement porté par Sonatel, malgré une majorité d'actions en baisse. Dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la croissance atteint 6 %, mais le coût du crédit, l'emploi informel et les écarts d'accès aux services essentiels limitent encore sa transmission au niveau de vie. À l'international, la hausse des taux américains et un rendement obligataire proche de 5 % pourraient renchérir le financement des États et des entreprises ouest-africaines. Le pétrole reste supérieur à 100 dollars le baril, tandis que la chute du cacao fragilise les perspectives de recettes de la Côte d'Ivoire et du Ghana.

Le Plateau, quartier des affaires d'Abidjan — au centre, la tour de la BCEAO.
Le Plateau, quartier des affaires d'Abidjan — au centre, la tour de la BCEAO. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

1. Sonatel propulse la BRVM en clôture, mais trente valeurs terminent dans le rouge

Le rebond des indices repose principalement sur quelques grandes capitalisations, tandis que les prises de bénéfices se poursuivent sur plusieurs titres fortement appréciés

Logo de Sonatel.
Logo de Sonatel. Wikimedia Commons, domaine public (marque textuelle)

BRVM Composite : 553,71 points — 🟢 +1,03 % | BRVM 30 : 268,91 — 🟢 +1,36 % | BRVM Prestige : 203,01 — 🟢 +1,80 % | Transactions : 4,63 milliards FCFA

La BRVM a terminé la séance du 18 septembre en hausse, mais la progression des indices ne reflète pas celle de l'ensemble du marché : seulement huit actions ont progressé, contre trente en baisse et six inchangées. Sonatel a concentré environ 2,75 milliards de francs CFA (FCFA) de transactions, soit près de 60 % de la valeur totale échangée, donnant au titre un poids déterminant dans le rebond des indices.

DateBRVM CompositeBRVM 30BRVM Prestige
11 septembre555,48269,06201,81
14 septembre555,92268,97202,04
15 septembre552,98267,83200,55
16 septembre549,61266,39200,56
17 septembre548,21265,31199,43
18 septembre553,71268,91203,01

Les courbes montrent une correction progressive jusqu'au jeudi 17 septembre, suivie d'un redressement marqué vendredi. Sur l'ensemble de la semaine, le BRVM Composite recule néanmoins de 0,31 %, le BRVM 30 de 0,06 %, tandis que le BRVM Prestige progresse de 0,60 %.

Sonatel domine les échanges, tandis que certaines fortes hausses annuelles subissent des prises de bénéfices

Sonatel a gagné 7,49 % à 42 190 FCFA, portant sa progression annuelle à 61,52 %. Son volume d'échanges explique une large partie de la hausse des indices : il s'agit donc davantage d'un rebond concentré que d'une reprise généralisée.

À l'opposé, la Société de distribution d'eau de Côte d'Ivoire (SODECI) a perdu 7,48 % à 12 485 FCFA après le détachement et le paiement de son dividende. La baisse hebdomadaire atteint 6,83 %, mais l'action conserve une progression de 115,26 % depuis le début de l'année. SETAO et Vivo Energy Côte d'Ivoire ont également fortement reculé vendredi, tout en restant respectivement en hausse de 71,70 % et 91 % depuis janvier.

Ces mouvements peuvent s'expliquer en partie par une consolidation technique après une longue période de hausse : lorsque les gains deviennent importants, certains investisseurs sécurisent leurs bénéfices et réallouent leurs capitaux. Cette explication reste valable en l'absence d'une dégradation documentée des résultats ou des perspectives des entreprises concernées.

Radar BRVM — Top 5 / Flop 5 de la séance

RangTitreVariationCommentaire analytique
1 (hausse)Sonatel Sénégal🟢 +7,49 %Principal moteur du marché et près de 60 % des transactions
2 (hausse)TotalEnergies Marketing Sénégal🟢 +3,95 %Surperformance de la filiale sénégalaise au sein du même groupe
3 (hausse)SAFCA Côte d'Ivoire🟢 +3,00 %Rebond de séance, mais le titre reste en baisse sur l'ensemble de la semaine
4 (hausse)Société Générale Côte d'Ivoire🟢 +2,37 %Le titre bancaire soutient l'indice malgré un secteur financier presque stable
5 (hausse)BICI Côte d'Ivoire🟢 +1,36 %Rebond partiel après une semaine volatile
1 (baisse)SODECI🔴 −7,48 %Correction après le dividende et une progression annuelle supérieure à 100 %
2 (baisse)Vivo Energy CI🔴 −7,38 %Prises de bénéfices avant le paiement du dividende prévu le 25 septembre
3 (baisse)SETAO🔴 −6,57 %Correction accentuée après une hausse annuelle encore supérieure à 70 %
4 (baisse)Tractafric Motors CI🔴 −3,91 %Pression vendeuse sans événement fondamental nouveau associé
5 (baisse)TotalEnergies Marketing CI🔴 −3,36 %Divergence pouvant refléter des attentes locales, des marges et une liquidité différentes

La comparaison entre les deux filiales de TotalEnergies est particulièrement instructive : l'appartenance au même groupe ne garantit pas une évolution identique lorsque les structures de marché, les marges commerciales, la fiscalité et les attentes des investisseurs diffèrent entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal.

Trois événements à surveiller la semaine prochaine : première cotation de quatre emprunts obligataires de l'État du Sénégal le 22 septembre ; entrée à la cote de Bridge Bank Group Côte d'Ivoire le 24 septembre ; paiement par Vivo Energy Côte d'Ivoire d'un dividende net de 96,67 FCFA par action le 25 septembre. Ces opérations pourraient déplacer une partie de la liquidité vers les nouvelles lignes obligataires, l'introduction de Bridge Bank et les arbitrages liés au dividende de Vivo Energy.

Sources : Bulletin officiel de la BRVM du 18 septembre · Bulletin du 11 septembre

2. L'UEMOA maintient une croissance de 6 %, mais ses effets restent inégalement ressentis par les populations

Les écarts de crédit, de prix et de productivité déterminent davantage le quotidien que le seul taux de croissance du produit intérieur brut

Marché d'Adjamé, Abidjan.
Marché d'Adjamé, Abidjan. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le produit intérieur brut (PIB) réel de l'UEMOA a augmenté de 6 % sur un an au deuxième trimestre 2026, après 6,1 % au trimestre précédent. La consommation et l'investissement soutiennent l'activité, mais les conditions de financement demeurent très différentes selon les pays : le taux moyen de crédit bancaire s'établit à 6,22 % au Sénégal, contre 8,70 % au Niger.

PaysCroissance T2 2026Inflation T2 2026Taux moyen de crédit bancaire
Bénin🟢 +6,6 %🔴 −0,6 %7,29 %
Burkina Faso🟢 +5,5 %🟢 +0,5 %7,26 %
Côte d'Ivoire🟢 +6,0 %🟢 +1,6 %6,26 %
Guinée-Bissau🟢 +4,9 %🔴 −1,4 %8,63 %
Mali🟢 +5,9 %🟢 +1,4 %7,65 %
Niger🟢 +7,0 %🔴 −5,1 %8,70 %
Sénégal🟢 +5,0 %🟢 +1,0 %6,22 %
Togo🟢 +6,5 %🟢 +0,4 %7,25 %
Moyenne UEMOA🟢 +6,0 %🟢 +0,4 %6,67 %
Ghana🟢 +6,0 %🟢 +5,0 % (août)Non directement comparable
Nigeria🟢 +4,43 %🟢 +15,9 % (juin)Non directement comparable

Les couleurs signalent uniquement le signe mathématique de la variation. Une inflation négative n'est pas automatiquement favorable lorsqu'elle traduit une demande affaiblie ou une baisse des revenus.

Des prix moyens contenus, mais des dépenses essentielles toujours sous pression

L'inflation moyenne de l'UEMOA n'a atteint que 0,4 % au deuxième trimestre. Cette moyenne masque cependant des hausses importantes sur certains postes directement ressentis par les ménages. En Côte d'Ivoire, la hausse des carburants a alimenté les coûts de transport. Au Mali, le renchérissement du carburant a entraîné une augmentation du transport routier et de plusieurs produits alimentaires. Au Burkina Faso, la baisse de certains prix a coexisté avec une progression marquée du coût de la viande et du poisson.

Une inflation moyenne faible ne signifie donc pas nécessairement que le budget quotidien des ménages est stable : les dépenses de nourriture, de transport, de logement, de santé et d'éducation peuvent évoluer beaucoup plus rapidement que l'indice général.

L'emploi informel reste indispensable, mais il doit gagner en productivité et en protection

Une croissance élevée du PIB ne signifie pas automatiquement une amélioration équivalente du niveau de vie. Elle doit être comparée à la croissance démographique, au revenu réel par habitant, à la création d'emplois productifs, à la qualité des services publics et à l'accès aux infrastructures essentielles.

Les emplois informels constituent une source majeure de revenus pour les ménages ouest-africains. Ils assurent une activité économique et des services que le secteur formel ne couvre pas toujours. Le problème réside moins dans leur existence que dans l'instabilité des revenus, la faiblesse de la productivité, l'accès limité au financement et l'absence fréquente de protection sociale. La stratégie la plus réaliste consiste donc à faciliter l'accès au crédit, aux outils numériques, à la formation, à l'assurance et à une formalisation progressive, sans supprimer brutalement des activités indispensables à la subsistance.

Le crédit progresse, mais reste concentré sur les entreprises constituées

Les créances bancaires sur l'économie ont progressé de 5,4 % sur un an à fin juin. Cependant, 87,2 % des nouveaux crédits ont été accordés aux personnes morales, contre 12,8 % aux personnes physiques. Les ménages ont par ailleurs obtenu des financements à un taux moyen de 7,45 %, supérieur à celui appliqué aux sociétés non financières.

Cette concentration limite la transmission de la croissance vers les microentreprises, les travailleurs indépendants et une partie du secteur informel. L'UEMOA croît rapidement, mais l'amélioration réellement ressentie dépendra de sa capacité à élargir l'accès au financement, à l'éducation, à la santé et aux emplois plus productifs.

Sources : Rapport de politique monétaire de septembre — BCEAO · Croissance du Ghana — Reuters · Croissance du Nigeria — Reuters

3. PowerGen mobilise 5 millions de dollars pour étendre les mini-réseaux électriques au Nigeria

Le financement doit soutenir 6 000 raccordements et neuf mégawatts de capacité, avec un modèle combinant énergie solaire, stockage et distribution locale

Installation de panneaux solaires, Nigeria.
Installation de panneaux solaires, Nigeria. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

PowerGen a obtenu le 16 septembre un financement de 5 millions de dollars auprès d'All On Partnerships for Energy Access. L'opération complète le financement de série C de l'entreprise et doit soutenir le développement de mini-réseaux renouvelables autonomes ou raccordés au réseau électrique nigérian.

Selon les projections communiquées par les investisseurs, les nouveaux équipements pourraient apporter jusqu'à 6 000 raccordements, neuf mégawatts de capacité et un accès amélioré à l'électricité pour environ 41 000 personnes. PowerGen est également présente au Kenya, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo.

Le modèle économique consiste à produire localement de l'électricité solaire, à la stocker puis à la distribuer à des ménages et entreprises insuffisamment desservis par le réseau national. Sa viabilité dépendra toutefois du taux d'utilisation des équipements, du recouvrement des factures, du coût de maintenance et de la capacité de paiement des clients.

L'impact potentiel dépasse l'accès domestique à l'électricité : une alimentation plus fiable peut améliorer la productivité des commerces, des ateliers, des services numériques, des établissements de santé et des écoles. PowerGen représente ainsi une infrastructure productive autant qu'une entreprise énergétique.

Sources : Energy Times, 16 septembre · TheCable

4. La hausse des taux américains renchérit indirectement le financement de l'Afrique de l'Ouest

Les actions technologiques résistent, mais la remontée des rendements obligataires et du dollar réduit l'attrait des actifs émergents

Le bâtiment Eccles, siège du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, Washington.
Le bâtiment Eccles, siège du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, Washington. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Nasdaq : 🟢 +0,67 % | S&P 500 : 🟢 +0,17 % | Dow Jones : 🔴 −0,18 % | FTSE 100 : 🔴 −1,45 % | Obligation américaine à 10 ans : 5,00 %

La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé le 16 septembre sa fourchette cible de taux de 25 points de base, à 3,75–4,00 %. Il ne s'agit pas d'un taux unique : la Fed cherche à maintenir le taux effectif des fonds fédéraux à l'intérieur de cette fourchette. Elle justifie son resserrement par une inflation encore élevée, malgré une activité économique et une productivité jugées solides.

Le rendement des obligations américaines à dix ans a atteint environ 5 %. Pour les pays ouest-africains, cette évolution crée une référence mondiale plus coûteuse. Si un investisseur peut obtenir près de 5 % sur une obligation américaine très liquide, il demandera davantage pour accepter le risque d'un emprunt ivoirien, sénégalais, béninois ou nigérian. Cette prime supplémentaire peut renchérir le service de la dette extérieure, le financement des infrastructures et les crédits accordés aux entreprises. Les États les plus endettés ou ayant d'importants besoins de refinancement sont les plus exposés.

Radar des marchés mondiaux et incidences ouest-africaines

SignalSituation observéeIncidence possible en Afrique de l'Ouest
Rendement américain à 10 ansEnviron 5,00 %Pression à la hausse sur les rendements exigés pour les emprunts africains
Dollar américainPlus haut de plus de sept semainesAlourdissement des importations pétrolières et des dettes libellées en dollars
Fonds d'actions mondiauxRetraits de 23,21 milliards de dollarsMoindre appétit pour les marchés émergents et les nouvelles introductions en Bourse
Nasdaq🟢 +0,67 % vendrediRésistance de la technologie, mais effet direct limité sur la région
FTSE 100🔴 −1,45 % vendrediRecul notable d'Airtel Africa et prudence accrue envers certaines valeurs africaines internationales

L'effet régional le plus important ne provient donc pas des variations quotidiennes des indices américains, mais du niveau des taux et du dollar. Une prolongation de cette situation pourrait augmenter le coût des nouvelles émissions souveraines et réduire les capitaux disponibles pour les projets privés en Afrique de l'Ouest.

Sources : Décision officielle de la Fed · Marchés mondiaux — Reuters · Flux internationaux de fonds — Reuters · FTSE 100 — Reuters

5. La chute du cacao assombrit les perspectives des exportateurs, tandis que le pétrole reste supérieur à 100 dollars

Le recul du brut procure un soulagement limité aux importateurs de carburants, alors que la baisse du cacao expose directement la Côte d'Ivoire et le Ghana

Cabosses et fèves de cacao.
Cabosses et fèves de cacao. Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le Brent a terminé la séance à 103,87 dollars le baril, en recul de 0,91 %. Les perspectives d'une reprise partielle des flux pétroliers saoudiens ont atténué les craintes de pénurie, mais le prix reste suffisamment élevé pour entretenir les risques d'inflation importée dans les pays dépendant des carburants étrangers.

Le cacao a enregistré le mouvement régionalement le plus préoccupant : son cours a chuté de 7,71 % vendredi, à 5 327 dollars la tonne. L'augmentation des stocks et les anticipations d'une offre plus abondante exercent une pression sur les prix, même si les risques climatiques et phytosanitaires restent importants pour la campagne 2026-2027.

Matière premièreCours / variationPays particulièrement exposésIncidence régionale
Brent103,87 $/baril — −0,91 % vendrediTous les importateurs ; Nigeria et Ghana producteursSoulagement limité — le prix reste >100 $ et alimente les coûts de transport
WTI100,30 $/baril — −1,58 % vendrediNigeria, Ghana, importateurs UEMOASoutien aux producteurs, facture élevée pour ménages et finances publiques
Or4 390,11 $/once — +1,20 % vendrediGhana, Mali, Burkina FasoSoutient les recettes minières et réserves de change
Cacao5 327 $/tonne — −7,71 % vendrediCôte d'Ivoire, Ghana, NigeriaRisque de baisse des recettes d'exportation
Coton0,8115 $/livre (≈1,79 $/kg) — −1,24 %Bénin, Burkina Faso, Mali, Côte d'IvoireRéduction potentielle de la valeur des exportations
Caoutchouc naturel2,382 $/kg — +0,59 %Côte d'Ivoire, Liberia, Ghana, NigeriaSoutien aux exportateurs ; demande chinoise reste un risque
Gaz naturel américain2,912 $/MBtu — +0,38 %Nigeria, Sénégal (projets gaziers)Effet immédiat limité, référence pour la rentabilité des projets GNL

La baisse simultanée du cacao et du coton est défavorable aux économies agricoles exportatrices, tandis que le niveau du pétrole continue de pénaliser les pays importateurs. L'or constitue le principal soutien de la séance pour le Ghana, le Mali et le Burkina Faso, mais son effet sur les populations dépendra de la transformation locale, de l'emploi créé et de la part des recettes effectivement captée par les États.

Sources : Pétrole — Reuters · Or — Reuters · Cacao · Coton · Caoutchouc — Trading Economics

Avertissement : ce contenu est publié à des fins purement informatives et ne constitue pas un conseil en investissement. Sources : BRVM, BCEAO, Reuters, Ghana Statistical Service, Energy Times, TheCable, Trading Economics.