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Jeudi 24 septembre 2026 — Édition de clôture
Séance BRVM clôturée ; données de marché consolidées à partir de la publication officielle disponible à 17 h 30 GMT.
La BRVM efface une large part de la correction de la veille : le Composite clôture à 531,63 points (+2,97 %), le BRVM-30 à 258,18 points (+3,19 %) et le BRVM Prestige à 197,74 points (+2,36 %), pour 4,72 milliards de FCFA échangés. Bridge Bank Group Côte d’Ivoire (BBGC) signe sa première séance à 7 255 FCFA, après une introduction réalisée à 6 750 FCFA. La cote régionale compte désormais 48 sociétés. En toile de fond, la BCEAO maintient son principal taux directeur à 3,00 %, tandis que le pétrole reste au-dessus de 100 dollars le baril, un niveau qui entretient la vigilance sur la facture énergétique ouest-africaine.

1. La BRVM rebondit de 2,97 % et BBGC réussit sa première séance
+2,97 %
+3,19 %
FCFA
1re séance
Après la chute de 3,66 % du Composite mercredi, les acheteurs reviennent nettement : 28 valeurs progressent, 10 reculent et 10 terminent inchangées sur les 48 sociétés désormais présentes à la cote.
Le BRVM Composite clôture jeudi à 531,63 points, en hausse de 2,97 %. Le BRVM-30 gagne 3,19 % à 258,18 points et le BRVM Prestige avance de 2,36 % à 197,74 points. La valeur des transactions atteint 4 722 060 399 FCFA, soit près du double des 2,36 milliards de FCFA échangés la veille.
Le rebond est large, après une semaine marquée par la volatilité. Plusieurs valeurs bancaires et industrielles enregistrent des hausses proches de leur limite quotidienne : BOA Mali gagne 7,50 %, BOA Burkina Faso, Sucrivoire et LNB Bénin 7,43 %, tandis que SETAO progresse de 7,14 %. À l'inverse, BICB cède 7,48 %, Servair Abidjan 3,31 % et Tractafric Motors Côte d'Ivoire 2,86 %.
BBGC : une première cotation au-dessus du prix d'introduction
Bridge Bank Group Côte d’Ivoire entre officiellement au compartiment principal sous le symbole BBGC. Le titre ressort à 7 255 FCFA pour 20 926 actions échangées, contre un prix d'introduction de 6 750 FCFA. L'offre publique portait sur 10 millions d'actions, soit 67,5 milliards de FCFA, et avait été souscrite à environ 142 %. L'arrivée de la banque porte le nombre de sociétés cotées à 48.
À surveiller vendredi 25 septembre
La question centrale sera la capacité du rebond à se prolonger sans emballement : volumes, comportement des valeurs ayant touché ou approché leurs limites de variation, stabilisation de BBGC après sa séance inaugurale et réaction des titres bancaires seront les premiers indicateurs. Vivo Energy Côte d'Ivoire doit par ailleurs procéder au paiement d'un dividende annoncé de 96,67 FCFA par action le 25 septembre.
| Valeur | Clôture | Variation | Lecture de séance |
|---|---|---|---|
| BOAM | 5 880 FCFA | +7,50 % | Plus forte hausse du jour. |
| BOABF | 7 950 FCFA | +7,43 % | Rebond marqué du compartiment bancaire. |
| BOAC | 11 470 FCFA | +6,20 % | Hausse soutenue avec 28 332 titres échangés. |
| ETIT | 68 FCFA | +6,25 % | Rebond après la forte baisse de la veille ; 873 985 titres échangés. |
| BICB | 7 920 FCFA | −7,48 % | Plus forte baisse de la séance. |
Sources : BRVM — cours officiels du 24 septembre 2026 · BRVM — avis et opérations en cours · Abidjan.net — première cotation de BBGC.
2. Le FMI et la Banque mondiale changent leur méthode d’évaluation de la dette
La dette intérieure, les garanties publiques et les risques climatiques pèseront davantage dans les diagnostics, avec des conséquences possibles sur les programmes et les financements concessionnels en Afrique de l’Ouest.

Les conseils d’administration du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ont approuvé en septembre une réforme de leur cadre conjoint d’analyse de viabilité de la dette. Il s’agit de la première révision importante depuis 2017.
Le changement intervient dans un environnement dégradé : 14 % des pays à faible revenu suivis par les deux institutions sont déjà considérés en situation de surendettement, tandis que 33 % présentent un risque élevé. Le nouveau dispositif doit entrer en application au second semestre 2027, après une phase de préparation technique.
L’enjeu central pour l’Afrique de l’Ouest est la meilleure prise en compte de la dette intérieure. Les États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine financent une part importante de leurs besoins sur le marché régional, auprès des banques, des assureurs et des fonds de pension. Une dette libellée en francs CFA évite le risque de change direct, mais elle peut absorber les ressources bancaires qui auraient autrement financé les entreprises et les ménages.
| Réforme approuvée | Ce qui doit évoluer | Incidence possible en Afrique de l’Ouest |
|---|---|---|
| Dette intérieure mieux intégrée | Analyse renforcée des obligations et bons détenus localement. | Meilleure mesure de la pression exercée sur les banques et le crédit privé. |
| Prévisions plus réalistes | Tests plus sévères sur la croissance, les recettes et les taux. | Réduction du risque de plans budgétaires fondés sur des hypothèses trop favorables. |
| Garanties et entreprises publiques | Meilleur suivi des engagements susceptibles de revenir à l’État. | Visibilité accrue sur les risques liés aux sociétés d’électricité, d’eau ou de transport. |
| Risques climatiques | Simulation des sécheresses, inondations et chocs agricoles. | Pertinence particulière pour le Sahel et les économies dépendantes du cacao ou du coton. |
| Transparence de la dette | Exigences accrues sur la publication et la couverture des données. | Confiance renforcée, mais possibilité de révéler des engagements mal comptabilisés. |
Pour le Sénégal, dont les statistiques de dette font l’objet d’un examen approfondi, la réforme souligne l’importance d’une couverture exhaustive des engagements publics. En Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo, elle pourrait accroître l’attention portée aux garanties de l’État, aux partenariats public-privé et aux passifs des entreprises publiques. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les dépenses de sécurité, les chocs climatiques et les besoins sociaux compliquent davantage l’équilibre entre consolidation budgétaire et investissement.
Ces conséquences constituent des implications probables de la nouvelle méthode, et non de nouvelles notations déjà attribuées à ces pays. Pour les populations, l’enjeu dépasse la seule comptabilité publique : une dette mieux mesurée peut prévenir une crise, mais un ajustement reposant sur la compression de l’éducation, de la santé ou de l’investissement peut dégrader le niveau de vie.
Sources : FMI — révision du cadre de viabilité de la dette · Banque mondiale — approbation des réformes.
3. Le Nigeria lance un fonds de 300 millions de dollars pour les mini-réseaux
Le dispositif veut transformer l’énergie décentralisée en actif finançable, mais la révision du montant annoncé et l’absence de projets détaillés appellent encore des clarifications.

Le Nigeria a procédé le 20 septembre au lancement commercial du Distributed Renewable Energy Fund, un fonds de 300 millions de dollars consacré aux mini-réseaux, aux installations solaires autonomes et aux autres infrastructures électriques décentralisées.
Le fonds est cogéré par la Nigeria Sovereign Investment Authority et Africa50. La Banque mondiale intervient comme partenaire fondateur, avec une contribution initiale de 25 millions de dollars provenant de l’Association internationale de développement, son guichet concessionnel destiné aux pays les plus pauvres.
Pour les jeunes entreprises du secteur, le principal apport pourrait être l’accès à des financements de plus longue durée. Les développeurs de mini-réseaux supportent des coûts initiaux élevés avant de générer des revenus mensuels auprès des ménages, des commerces et des ateliers. Des capitaux mieux adaptés peuvent financer les panneaux, les batteries, les compteurs intelligents, la maintenance et les équipements productifs utilisés par les clients.
Le dispositif peut ainsi favoriser tout un écosystème : installateurs locaux, sociétés de paiement, fabricants d’équipements, opérateurs de froid agricole et entreprises utilisant l’électricité pour la transformation ou la conservation des produits.
Un montant revu de 500 à 300 millions de dollars
Le projet avait été présenté en mars 2025 comme un fonds de 500 millions de dollars, contre 300 millions au moment de son lancement commercial. Les communiqués disponibles n’expliquent pas encore cet écart et ne détaillent ni la liste des projets retenus, ni les décaissements réalisés, ni l’origine de la totalité des engagements.
Il s’agit donc d’un véhicule désormais lancé et prêt à investir, mais pas encore de 300 millions de dollars effectivement injectés dans des installations opérationnelles. Son succès dépendra de sa capacité à gérer le risque de change, à proposer des tarifs supportables et à sélectionner des projets dont les revenus permettent l’entretien durable des équipements.
Sources : Africa50 — lancement commercial du Nigeria DRE Fund · Africa50 — annonce initiale de mars 2025.
4. Les taux américains proches de 5 % pèsent sur le financement ouest-africain
La résistance des valeurs technologiques contraste avec des marchés asiatiques plus faibles, tandis que le coût du capital reste le signal le plus important pour l’Afrique de l’Ouest.
Le Nasdaq a terminé mardi sur un nouveau record, soutenu par les grandes valeurs technologiques, alors que le S&P 500 est resté pratiquement inchangé et que le Dow Jones a reculé. Mercredi, le FTSE 100 gagnait environ 0,10 %, tandis que le Hang Seng reculait de 1,01 %.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé le 16 septembre sa fourchette cible de taux directeur à 3,75–4,00 %. Les marchés continuent d’envisager une nouvelle hausse, ce qui maintient le rendement de l’obligation américaine à dix ans autour de 4,95 %.
Pour les États ouest-africains, ce rendement constitue un plancher de comparaison. Si un investisseur peut obtenir près de 5 % sur une obligation américaine très liquide et considérée comme sûre, il exigera une rémunération nettement supérieure pour acheter une euro-obligation sénégalaise, ivoirienne, béninoise ou nigériane. Le service de la dette, le financement des infrastructures et les emprunts des grandes entreprises régionales peuvent alors devenir plus coûteux.
La faiblesse des marchés chinois présente un second enjeu. Un écart de taux important entre les États-Unis et la Chine peut attirer des capitaux vers les actifs américains et exercer une pression sur la monnaie chinoise, le yuan. Pour l’Afrique de l’Ouest, les conséquences passent par les prix des équipements importés, la demande chinoise de minerais et les conditions de financement de certains projets.
Source : Reuters — marchés internationaux, 22 et 23 septembre 2026.
5. Le Brent reste au-dessus de 102 dollars ; le cacao rebondit, l’or recule
+3,62 %
+2,33 %
−1,79 %
+2,7 %
La hausse de l’énergie est le signal le plus défavorable pour les pays ouest-africains importateurs nets de produits pétroliers, tandis que le rebond du cacao apporte un soutien ponctuel aux filières ivoirienne et ghanéenne.
Le Brent a atteint 102,85 dollars le baril le 23 septembre, en hausse de 3,62 % sur la séance et de plus de 11 % sur un mois. Pour l’UEMOA, une telle remontée peut alourdir la facture d’importation de carburants, les coûts de transport et, selon les mécanismes nationaux de fixation des prix, la charge des subventions ou des compensations publiques.
Le cacao a rebondi à 5 528 dollars la tonne, soit +2,33 % sur la dernière séance disponible. Ce mouvement est favorable aux revenus d’exportation de la Côte d’Ivoire et du Ghana à court terme, mais il ne renverse pas encore la tendance annuelle : le cours reste inférieur d’environ 21,6 % à son niveau d’un an auparavant.
L’or, à 4 286,36 dollars l’once, a reculé de 1,79 % sur la séance. Malgré cette correction, son niveau demeure élevé sur un an, ce qui continue de soutenir la valeur des exportations des grands producteurs régionaux, notamment le Ghana, le Mali et le Burkina Faso.
Sources : Trading Economics — Brent · Trading Economics — cacao · Trading Economics — or.
Sources principales
ECONOZONE — Contenu publié à des fins d’information économique et financière. Les données de marché sont susceptibles d’être ajustées par leurs producteurs ou diffuseurs après publication.