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Mercredi 7 octobre 2026 — Point de mi-journée

Mise à jour : 12 h 00 GMT.

Article de Félix BROU

La BRVM avance modérément à mi-journée : le Composite gagne 0,24 %, avec 1,689 milliard de FCFA échangé et une liquidité encore dominée par Sonatel. La Banque mondiale relève sa prévision de croissance pour l’Afrique subsaharienne, mais la progression du revenu par habitant reste trop faible pour transformer rapidement le niveau de vie. À l’international, le pétrole repasse au-dessus de 100 dollars sous l’effet des risques d’approvisionnement, tandis que la hausse du dollar et des rendements américains pèse sur l’or et renchérit le financement extérieur.

Siège de la BRVM à Abidjan
Abidjan — siège de la BRVM, photographie d’archive de Zenman, CC BY-SA 3.0.
Siège de la BCEAO à Dakar
Dakar — siège de la BCEAO, photographie d’archive de JiElle.
Entrepreneurs ouest-africains réunis à Abuja
Abuja — entrepreneurs ouest-africains, CEDEAO, 30 septembre 2026.

La BRVM progresse, Bridge Bank anime une liquidité plus diversifiée

Composite 546,19 · ▲ +0,24 %BRVM 30 264,40 · ▲ +0,18 %BRVM Prestige 202,91 · ▼ −0,01 %Transactions 1,689 milliard FCFA

Relevé officiel provisoire arrêté à 11 h 45 GMT, avec un délai de diffusion de quinze minutes. Les indices, cours, variations et capitaux cités proviennent du même relevé.

La hausse du Composite et du BRVM 30 reste mesurée, tandis que le Prestige évolue presque à l’équilibre. Cette configuration traduit un soutien plus net des grandes capitalisations du marché large que du panier des valeurs de prestige. Elle ne suffit toutefois pas à conclure à une progression uniforme : le classement des titres montre des écarts importants entre quelques hausses marquées et des replis sectoriels ciblés.

Siège de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières à Abidjan
BRVM, Abidjan — Zenman, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 ; photographie d’archive.

Sonatel concentre 556,4 millions de FCFA, soit 35,06 % de la valeur des échanges. Bridge Bank Group Côte d’Ivoire suit avec 142,1 millions, devant Société Générale Côte d’Ivoire à 135,3 millions, Palm Côte d’Ivoire à 101,4 millions et Orange Côte d’Ivoire à 84,4 millions. Ensemble, ces cinq valeurs représentent 64,26 % des capitaux traités. La concentration demeure élevée, mais elle est moins extrême qu’une séance où une seule valeur absorbe la moitié du marché.

Bridge Bank gagne 3,58 % à 9 995 FCFA avec 8,96 % des capitaux, ce qui donne à son mouvement davantage de consistance qu’une hausse obtenue sur quelques centaines de milliers de FCFA. À l’inverse, Tractafric Motors affiche la plus forte progression, 5,68 %, mais sur seulement 1,31 million de FCFA. Le prix monte, mais la profondeur de marché reste faible : un ordre de taille limitée peut donc déplacer fortement la cotation.

Ecobank Transnational Incorporated illustre la différence entre volume de titres et valeur financière. Plus de 306 000 actions ont changé de mains, mais elles ne représentent que 20,0 millions de FCFA, soit 1,26 % des capitaux. Le nombre de titres échangés ne mesure donc pas, à lui seul, le poids réel d’une valeur dans l’activité de la séance.

RangTop 5VariationCommentaire analytiqueFlop 5VariationCommentaire analytique
1Tractafric Motors CI▲ +5,68 %La première hausse repose sur 1,31 million de FCFA seulement ; le signal reste sensible à un nombre réduit d’ordres.Setao CI▼ −3,57 %Le recul porte sur 11,11 millions de FCFA, un montant qui lui donne davantage de substance qu’une variation purement indicative.
2Bridge Bank CI▲ +3,58 %Avec 142,13 millions de FCFA échangés, la progression est la plus solide du Top 5 du point de vue de la liquidité.Loterie nationale du Bénin▼ −3,31 %La baisse s’accompagne de 7,27 millions de FCFA traités ; le marché teste encore la profondeur du titre.
3CIE CI▲ +3,06 %La valeur défensive rebondit avec 9,57 millions de FCFA, contribution utile mais encore limitée à la tendance générale.Onatel Burkina Faso▼ −1,53 %Le repli est associé à 26,35 millions de FCFA, ce qui en fait la baisse la plus significative en capitaux parmi les cinq dernières.
4BOA Burkina Faso▲ +2,53 %Près de 10 millions de FCFA soutiennent la hausse ; le signal reste toutefois bien plus étroit que celui observé sur Bridge Bank.Sucrivoire▼ −1,25 %La pression vendeuse demeure modérée, avec 6,10 millions de FCFA échangés.
5Bernabé CI▲ +2,37 %Le titre progresse sur 9,09 millions de FCFA, sans devenir un moteur majeur de l’indice.TotalEnergies CI▼ −0,83 %Le recul reste contenu et porte sur 6,61 millions de FCFA ; il ne suffit pas à résumer la tendance du compartiment énergétique.

Le marché est donc positif sans être largement euphorique. Bridge Bank combine variation et capitaux significatifs, tandis que Tractafric Motors domine le classement en pourcentage avec une liquidité très réduite. Du côté des baisses, Onatel Burkina Faso mérite davantage d’attention que son rang ne le suggère, car son repli mobilise plus de capitaux que les quatre autres valeurs du Flop 5 prises individuellement.

Sources : BRVM, résumé de la séance, cours des actions et volumes et valeurs, relevé du 7 octobre 2026 à 11 h 45 GMT.

Afrique subsaharienne : la croissance remonte, le revenu par habitant beaucoup moins

La Banque mondiale prévoit une croissance régionale de 4,3 % en 2026. L’amélioration reste insuffisante pour réduire rapidement la pauvreté, créer assez d’emplois formels et restaurer les services publics sous pression.

Siège de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à Dakar
Dakar — siège de la BCEAO ; photographie d’archive illustrant l’architecture financière régionale.

La Banque mondiale relève à 4,3 % sa prévision de croissance pour l’Afrique subsaharienne en 2026, soit 0,3 point de plus que son estimation d’avril. Cette accélération succède à une croissance estimée à 4,1 % en 2025. Le chiffre agrégé masque toutefois des trajectoires nationales différentes et ne dit pas comment le revenu supplémentaire est réparti entre les ménages, les entreprises et les administrations.

Indicateur régionalDernière estimation ou prévisionCe que le chiffre signifie pour les ménages
Croissance du PIB réel4,3 % en 2026
prévision
L’activité progresse, mais le gain moyen ne mesure ni la qualité des emplois créés ni la répartition du revenu.
Croissance du revenu réel par habitant1,8 % en 2026
prévision
L’écart de 2,5 points avec le PIB montre combien la démographie réduit l’amélioration moyenne disponible par personne.
Inflation médiane5,5 % en 2026
3,7 % en 2025
La remontée attendue peut éroder le pouvoir d’achat, surtout lorsque l’alimentation, le transport et le logement absorbent l’essentiel du budget.
Dette publiqueEnviron 57 % du PIBLe service de la dette réduit la marge budgétaire consacrée à la santé, à l’éducation, aux infrastructures et à la protection sociale.

La comparaison entre PIB et revenu par habitant est centrale. Une croissance de 4,3 % paraît robuste, mais la progression moyenne par personne n’atteindrait que 1,8 %. Cet écart reflète notamment la croissance démographique. Il signifie que l’augmentation de la production doit être plus forte, plus inclusive et plus créatrice d’emplois pour produire une amélioration perceptible du niveau de vie.

La remontée de l’inflation médiane prévue à 5,5 % peut également absorber une partie des gains nominaux. En Afrique de l’Ouest, les ménages à faible revenu sont particulièrement exposés parce qu’ils consacrent une part élevée de leurs dépenses à l’alimentation et au transport. Un salaire qui augmente moins vite que ces prix se traduit par une baisse du pouvoir d’achat, même lorsque les comptes nationaux affichent une expansion.

La dette publique, proche de 57 % du PIB en moyenne régionale, exerce une autre contrainte. Lorsque les intérêts et remboursements progressent, les budgets disposent de moins de latitude pour entretenir les écoles, équiper les centres de santé, améliorer l’électricité ou financer les infrastructures rurales. La qualité de la croissance dépend donc autant de la composition des dépenses publiques et de l’emploi que du taux de PIB lui-même.

La Banque mondiale met aussi l’accent sur l’intelligence artificielle adaptée aux faibles bandes passantes et aux langues locales. Dans l’agriculture, la santé, l’éducation ou la logistique, ces outils peuvent réduire certains coûts d’information. Leur effet restera limité sans électricité fiable, connectivité abordable, compétences, données de qualité et règles de protection adaptées.

Sources : Banque mondiale, Africa’s Pulse, communiqué du 6 octobre 2026 ; Reuters, 6 octobre 2026. Les données 2026 sont des prévisions, non des observations définitives.

Nigeria : Ororo Waste obtient jusqu’à 1 million de dollars pour structurer la collecte d’huile usagée

Rising Tide Africa a engagé un financement pouvant atteindre 1 million de dollars. Une première tranche a été reçue ; son montant reste à préciser.

Entrepreneurs ouest-africains réunis à Abuja
Entrepreneuriat régional à Abuja — CEDEAO, 30 septembre 2026 ; photographie d’archive.

Ororo Waste collecte des huiles de cuisson usagées auprès de ménages, de restaurants et de vendeuses, puis les prépare comme matière première destinée aux biocarburants. Le modèle transforme un déchet souvent rejeté dans les canalisations ou réutilisé de manière dangereuse en produit commercialisable. Sa rentabilité dépend de la densité du réseau de collecte, du prix payé aux fournisseurs, de la qualité du tri et des contrats conclus avec les acheteurs industriels.

L’entreprise indique avoir reçu une première tranche le 16 septembre, avec des décaissements supplémentaires possibles jusqu’au 16 décembre. Rising Tide Africa a annoncé un engagement pouvant atteindre 1 million de dollars, sans détailler le montant déjà versé. Cette distinction est importante : un plafond de financement décrit une capacité potentielle, tandis que la trésorerie réellement disponible détermine la vitesse d’expansion.

Ororo Waste prévoit de passer de trois centres à plus de quarante en cinq ans. Le capital doit financer les infrastructures, l’achat de matières premières et le fonds de roulement. Une telle extension peut formaliser les revenus de collectrices, de récupérateurs et de jeunes opérateurs, mais elle augmentera aussi les besoins de contrôle qualité, de logistique, de traçabilité et de débouchés réguliers.

Pour l’Afrique de l’Ouest, la portée du projet dépasse le recyclage. Une filière organisée peut réduire la pollution urbaine, fournir un intrant aux producteurs de carburants renouvelables et créer des activités de proximité. Le passage à l’échelle se jugera néanmoins sur les volumes collectés par centre, le coût du transport, la marge après traitement et la part du financement effectivement décaissée.

Sources : Ororo Waste, annonce de la première tranche, 16 septembre 2026 ; Startup Researcher, conditions et projet d’expansion.

Wall Street inscrit de nouveaux records, mais pétrole et taux longs ravivent la prudence

Nasdaq 27 599,79 · ▲ +0,45 %S&P 500 7 818,95 · ▲ +0,58 %Dow Jones 51 521,04 · ▲ +0,49 %FTSE 100 Repli en séance · RéférenceUS 10 ans 5,307 % · Référence

Indices américains : clôture du 6 octobre. FTSE 100 et rendement américain à dix ans : séance du 7 octobre.

Bâtiment de la Réserve fédérale à Washington
Réserve fédérale, Washington — Ted Eytan, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 ; photographie d’archive.

Wall Street a terminé la séance du 6 octobre sur de nouveaux records, les trois grands indices progressant ensemble. Le signal favorable des actions est toutefois tempéré ce mercredi par la remontée du pétrole, du dollar et des rendements obligataires. Un marché d’actions robuste peut soutenir l’appétit pour le risque, mais un rendement américain à dix ans supérieur à 5,3 % maintient une référence très rémunératrice pour les investisseurs.

Pour un État ou une entreprise d’Afrique de l’Ouest qui emprunte en dollars, ce niveau accroît le rendement exigé au-dessus du Trésor américain. Il peut donc renchérir une émission obligataire, le refinancement d’un prêt ou le coût d’un grand projet. La hausse du dollar augmente parallèlement la valeur en monnaie locale des achats facturés en dollars, notamment le pétrole, certaines machines et des intrants industriels.

La Réserve fédérale fixe actuellement une fourchette cible de 3,75 % à 4,00 % pour les fonds fédéraux. Il ne s’agit pas d’un taux unique. Même si cette fourchette concerne le financement au jour le jour, les anticipations sur sa trajectoire influencent les obligations à plus longue échéance, le dollar et les conditions auxquelles les emprunteurs étrangers accèdent aux marchés.

Le FTSE 100 recule en séance sous l’effet d’un retour de l’aversion au risque et de la hausse des coûts énergétiques. Pour l’Afrique de l’Ouest, la combinaison la plus contraignante serait un pétrole durablement cher, un dollar fort et des taux longs élevés : elle alourdirait simultanément la facture d’importation et le financement extérieur.

Sources : Reuters, clôture de Wall Street du 6 octobre et marchés du 7 octobre 2026 ; Réserve fédérale, fourchette cible des fonds fédéraux.

Le Brent repasse au-dessus de 100 dollars, l’or cède face au dollar

Relevés du 7 octobre 2026. Les variations sont calculées par rapport à la clôture précédente ; les cours intrajournaliers peuvent encore évoluer.

Le pétrole remonte sous l’effet des risques d’approvisionnement liés au Moyen-Orient et d’une perturbation météorologique aux États-Unis. Le mouvement est particulièrement sensible pour les importateurs ouest-africains : une hausse du brut peut rapidement augmenter le coût des achats extérieurs, mais son passage aux prix à la pompe dépend des stocks, des taxes, des subventions et des mécanismes nationaux d’ajustement.

Lingots d’or
Lingots d’or — photographie d’archive, Wikimedia Commons.

L’or recule tandis que le dollar se renforce et que les rendements américains montent. Un dollar plus ferme rend le métal plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, tandis que des obligations mieux rémunérées augmentent le coût d’opportunité de détenir un actif sans intérêt. Pour les pays aurifères, une séance de baisse ne suffit pas à modifier les recettes publiques, mais elle rappelle la volatilité qui entoure les prévisions minières.

Matière premièreCours / variationPays particulièrement exposésIncidence régionale
Brent, contrat le plus actif101,80 $/baril
▲ +1,21 %
10 h 08 GMT
Nigeria, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal ; importateurs de l’UEMOALa hausse augmente la valeur unitaire des exportations des producteurs et peut soutenir les recettes fiscales si les volumes suivent. Elle renchérit en parallèle la facture des importateurs nets, pèse sur les comptes extérieurs et peut alimenter le coût du transport, de l’électricité thermique et des denrées distribuées par route.
WTI, contrat le plus actif89,90 $/baril
▲ +0,51 %
10 h 08 GMT
Raffineurs, négociants et importateurs ouest-africainsLa progression confirme la tension du complexe pétrolier, mais reste plus modérée que celle du Brent. L’écart entre références influence les arbitrages des acheteurs ; le coût réellement payé dépend ensuite de la qualité, du fret, de l’assurance, du raffinage et du calendrier des cargaisons.
Or au comptant4 119,01 $/once
▼ −1,10 %
11 h 27 GMT
Ghana, Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, SénégalLe recul réduit la valeur instantanée des ventes non couvertes. Son effet budgétaire dépend toutefois des volumes produits, des contrats de couverture, des coûts d’extraction, des redevances et du rapatriement des recettes ; il ne se transmet donc ni intégralement ni immédiatement aux finances publiques.
Or, contrat décembre4 145,50 $/once
▼ −1,00 %
11 h 27 GMT
Sociétés minières et fournisseurs des bassins aurifèresLa baisse de l’échéance de décembre peut réduire la valeur des couvertures nouvelles, sans modifier les ventes déjà sécurisées. Pour les sous-traitants locaux, l’effet apparaît surtout si un recul durable conduit les mines à ralentir les investissements, les achats d’équipement ou l’exploration.
Cacao, référence CFD5 802,50 $/tonne
▲ +1,80 %
variation journalière
Côte d’Ivoire, Ghana ; transformateurs régionauxLe rebond soutient la valeur potentielle des exportations, mais le revenu des producteurs dépend du prix administré, de la campagne, de la qualité et des volumes commercialisés. Pour les broyeurs locaux, un cacao plus cher augmente le besoin en fonds de roulement si les prix des produits transformés ne progressent pas au même rythme.

La remontée du pétrole et le repli de l’or redistribuent les effets entre pays. Les producteurs d’hydrocarbures bénéficient d’un meilleur prix de vente potentiel, tandis que les importateurs subissent un choc de coût ; les économies aurifères restent soutenues par des niveaux historiquement élevés, mais voient diminuer la valeur marginale des ventes du jour. Le cacao se redresse ; l’effet sur le revenu des planteurs dépendra des prix locaux et des volumes vendus.

Sources : Reuters, pétrole à 10 h 08 GMT et or à 11 h 27 GMT, 7 octobre 2026 ; Trading Economics, cacao, relevé du 7 octobre 2026.